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Points clés à retenir
- Varicosités ≠ varices : ce sont des dilatations de petits vaisseaux superficiels, souvent bénignes mais inesthétiques.
- Traitements locaux : les veinotoniques en gel ou en crème aident à atténuer l’aspect et à soulager les jambes lourdes, sans faire disparaître les télangiectasies.
- Prévention mécanique : le port de bas de compression et l’activité physique régulière sont les piliers pour limiter l’apparition.
De quoi parle-t-on exactement ?
Les varicosités — ou télangiectasies dans le jargon médical — sont des dilatations permanentes de capillaires ou de petites veinules situées dans le derme superficiel. Concrètement, voilà ce que ça change : elles apparaissent sous forme de filaments rouges, bleutés ou violacés, le plus souvent sur les jambes, les chevilles et les pieds. Dans l’industrie, on dit souvent que c’est le premier signe d’une fragilité veineuse, même si dans la majorité des cas, il n’y a pas de retentissement fonctionnel majeur.
Soyons précis : ce n’est pas une varice. La varice est une dilatation tortueuse d’une veine plus profonde, de calibre supérieur à 3 mm, souvent associée à une insuffisance veineuse chronique. La varicosité, elle, reste superficielle et de petit calibre. C’est une nuance qui compte, car la prise en charge n’est pas la même.
Pourquoi certaines personnes sont-elles plus touchées ?
Ce que les études ne vous apprennent pas : les varicosités ont une composante génétique forte. Si votre mère ou votre grand-mère en avait, il y a de grandes chances que vous en développiez aussi. Mais ce n’est pas la seule explication.
On distingue plusieurs facteurs favorisants :
- L’âge : la paroi des vaisseaux perd en élasticité avec le temps. Près d’une personne sur deux est concernée après 40 ans.
- Le sexe féminin : les fluctuations hormonales (puberté, grossesse, ménopause) fragilisent les parois veineuses.
- La station debout prolongée : métiers de la vente, de la santé, de l’esthétique… la gravité n’aide pas le retour veineux.
- La sédentarité : le mollet, c’est le deuxième cœur — s’il ne pompe pas, le sang stagne.
- Le surpoids : la pression abdominale gêne le retour veineux des membres inférieurs.
- L’exposition solaire : les UV fragilisent les petits vaisseaux du visage (couperose).
La réalité terrain, c’est que beaucoup de mes patientes sous pilule ou en cours de grossesse voient apparaître leurs premières varicosités. On ne le dit pas assez, mais les œstrogènes ont un effet relaxant sur la paroi veineuse.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Dans la majorité des situations, les varicosités sont bénignes. Cependant, elles peuvent être le signe d’une insuffisance veineuse sous-jacente plus sérieuse. Consultez un médecin si :
- Vous ressentez des douleurs, des crampes ou une sensation de lourdeur persistante.
- Les vaisseaux saignent spontanément ou au moindre choc.
- Vous remarquez un gonflement (œdème) de la cheville ou du pied.
- La peau devient brune, sèche ou irritée autour des varicosités.
- Une ulcération se forme (rare, mais grave).
Le médecin pourra prescrire un écho-doppler veineux pour évaluer l’état des veines profondes et décider d’un éventuel traitement. Dans l’industrie, on sait que l’insuffisance veineuse non traitée peut évoluer vers des complications thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire).
Quels traitements existent aujourd’hui ?
Les varicosités ne disparaissent jamais spontanément. Mais plusieurs options permettent de les atténuer, voire de les éliminer.
1. Les traitements locaux (en pharmacie)
En tant que pharmacienne, c’est souvent par là que je commence en conseil. Les veinotoniques par voie orale (diosmine, hespéridine, rutoside) ou locale (gels, crèmes à base d’extraits végétaux) aident à réduire la sensation de jambes lourdes et l’inflammation. Ils ne font pas disparaître les varicosités, mais ils améliorent le confort.
Mon conseil terrain : privilégiez les formes contenant de la diosmine ou de l’escine (marron d’Inde). Appliquez en massant doucement de la cheville vers le genou.
2. Les traitements mécaniques
- Bas de compression : ils exercent une pression dégressive (plus forte à la cheville, plus faible à la cuisse), ce qui favorise le retour veineux. Classes 1 à 4 selon la sévérité. À prescrire sur avis médical.
- Activité physique régulière : marche, natation, vélo — tout ce qui fait pomper le mollet.
- Élévation des jambes : quelques minutes par jour, les pieds au-dessus du cœur.
3. Les traitements esthétiques (par un médecin)
Pour une disparition durable, il faut agir sur le vaisseau lui-même. Les techniques les plus courantes :
- Sclérothérapie : injection d’un produit sclérosant (polidocanol, sodium tétradécyl sulfate) dans la varicosité. Le vaisseau se rétracte et est résorbé en quelques semaines. C’est le gold standard.
- Laser : laser à colorant pulsé ou Nd:YAG qui coagule le vaisseau par chaleur. Moins invasif, mais parfois plus douloureux et moins efficace sur les varicosités de gros calibre.
Dans les deux cas, plusieurs séances sont souvent nécessaires. Le remboursement par l’Assurance maladie est rare (uniquement si insuffisance veineuse fonctionnelle documentée).
Conseils pharmaceutiques pour prévenir et limiter
Voici ce que je dis à chaque patiente qui pousse la porte de l’officine avec cette question :
- Hydratez votre peau : une peau sèche est moins souple et les vaisseaux se voient davantage. Utilisez une crème hydratante après la douche.
- Évitez les bains trop chauds : la chaleur dilate les veines et aggrave les varicosités. Préférez une eau tiède.
- Surveillez votre poids : l’excès de poids comprime les veines pelviennes et gêne le retour veineux.
- Portez des vêtements amples : les ceintures serrées et les gaines compressent l’abdomen et gênent la circulation.
- Limitez l’exposition solaire : protégez vos jambes avec un écran total si vous êtes sujette.
- Faites des pauses actives : levez-vous toutes les heures si vous travaillez assis, ou marchez si vous êtes debout.
Ce que les études ne vous apprennent pas : le tabagisme aggrave aussi l’élasticité vasculaire. Arrêter de fumer peut ralentir l’apparition de nouvelles varicosités.
Conclusion : varicosités, on fait quoi ?
Les varicosités sont un motif de consultation fréquent en pharmacie. Elles sont rarement dangereuses, mais elles peuvent altérer la qualité de vie et cacher une insuffisance veineuse débutante.
Concrètement, voilà ce que je recommande :
- Consultez votre médecin traitant pour un bilan initial (écho-doppler si facteurs de risque).
- Si elles sont uniquement esthétiques, commencez par les mesures mécaniques et les veinotoniques en vente libre.
- Si elles persistent ou s’aggravent, orientez vers un dermatologue ou un angiologue spécialisé en phlébologie pour une sclérothérapie.
- Adoptez les bonnes habitudes au quotidien (marche, hydratation, bas de compression).
On ne le dit pas assez, mais une approche préventive précoce est toujours plus efficace qu’un traitement curatif tardif. Alors prenez soin de vos jambes dès aujourd’hui.

Docteure en Pharmacie, j’ai quitté l’officine pour l’industrie il y a six ans. Affaires réglementaires, medical affairs, laboratoires génériques, groupes internationaux — j’écris ici ce que j’aurais voulu lire quand je cherchais ma voie dans ce secteur.